Le plus beau village du monde
Une création du Théâtre de Galafronie (Bruxelles) en coproduction avec le Théâtre Les Tanneurs (Bruxelles) et le Théâtre Massalia (Friche la Belle de Mai, Marseille).
Qu’est-ce qu’on va raconter ?
Une petite fille qui veut connaître le monde.
Le monde ? C’est grand.
Oui, c’est énorme.
Le monde pour une petite fille
C’est quelques gens, quelques maisons
C’est un village.
Ce jour-là, dans le village tout rouge, une porte s’ouvre.
Zahra a 5 ans. Elle sort pour aller chez l’Hadj.
Sur le chemin qui monte, Zahra rencontre la femme qui chante, Zefier le boucher, le vendeur de bougies… Puis, elle passe près du cimetière.
Texte Mohamed Bari
Coaching texte Didier de Neck et Pierre Sartenaer
Mise en scène Didier de Neck
Interprétation Mohamed Bari, Didier de Neck et Pierre Sartenaer
Musiciens Olivier Cima, Ahmed Khaili et Mohammed Al Mokhlis
Photographies (exposition & scénographie) Yves Jeanmougin
Scénographie Marianne Hansé et Guy Carbonnelle
Arrangements musicaux Karim Baggili
Décor sonore Yves Robic
Le texte a bénéficié d’une bourse à l’écriture de la SACD.
Avec l’aide du Ministère de la Communauté française de Belgique.
Le spectacle a reçu le prix de la Ministre de l’enseignement fondamental (Rencontres de Huy, août 2009).
En parallèle à cette création, et en collaboration avec le Théâtre Massalia, Yves Jeanmougin a démarré un travail de terrain avec le Théâtre de Galafronie dans différents quartiers de Bruxelles : Saint-Josse, Matonge… Et à Marseille, il accompagnera tout au long de l’année scolaire une classe de primo-arrivants du collège Longchamp réunissant des élèves de diverses origines.
Quand Zahra fâchée, Zahra terrible !
Au dehors, la foire de Huy, l’animation du marché, les tracas quotidiens. Au dedans, un espace clos, restreint. Un accueil jovial, amical. En quelques mots, Didier de Neck, Mohamed Bari et Pierre Sartenaer nous invitent à oublier l’extérieur et à nous glisser, tout doucement, dans le petit village tout rouge. Le village de Zahra qui vient de perdre sa première dent. Autour d’elle, il y a le Hadj, le sage du village. Et puis la femme qui chante, Zefier le boucher, le chien dont tout le monde a peur et le mouton noir que Zefier veut sacrifier pour la fête en l’honneur de Zahra. Mais attention, si Zahra est petite, elle a déjà un sacré caractère. Comme le répète tout le village : « Quand Zahra fâchée, Zahra terrible ! »
En quelques mots, quelques gestes, l’équipe de la Galafronie (trois comédiens, trois musiciens) installe une ambiance qui nous entraîne dans un autre univers. Un monde où l’on prend le temps de parler, d’écouter, de flâner. Un monde où comédiens et public partagent une évidente complicité. Un monde où la musique, le chant, les clins d’œil multiples, les personnages qu’on fait surgir à l’aide d’une simple photo, le fumet d’un plat qui mijote sur le côté participent tous à cette invitation à partager l’histoire de Zahra et des siens.
Un spectacle généreux, chaleureux, qui prend le temps de vivre, de rire, d’avoir peur, de rêver. Un spectacle comme la vie quand on prend le temps de la savourer.
Jean-Marie Wynants
Le Soir, 20 août 2009
Crème fraîche et tajine
Autre pays, autre enfance comme le rappelle le Théâtre de Galafronie qui nous invite dans Le plus beau village du monde, celui où la petite Zahra grandit à vue d’œil. La preuve par cette première dent de lait qui vient de tomber. Un événement qu’elle confie à l’Hadj, le sage du village qui chaque jour vient répondre aux questions des habitants. Dans l’entourage de Zahra, il y a aussi Zefier le boucher, la femme qui chante, le vendeur de bougies, un père charbonnier et l’instituteur, remarquable Pierre Sartenaer, imposant et nuancé. Tout un monde, écrit par Mohamed Bari – présent sur scène également – qui se lève lentement, s’interroge, vit, danse, se dispute et fait la fête. Plus qu’un monde, un univers, galafronien et marocain, qui laisse au dehors les bruits inutiles.
L’espace circulaire, les marionnettes de carton, les musiciens complices et le retour sur les planches du metteur en scène, l’excellent Didier de Neck, plus vrai que nature en son costume traditionnel, transforment ce village en voyage théâtral sensible et parfumé. Une ouverture à l’autre culture d’autant plus séduisante qu’elle part du point de vue de l’enfant.
Laurence Bertels
La Libre Belgique, 20 août 2009
